L'édito d'Olivier Arnera

Directeur artistique du Parvis des arts et du Festival des arts de la parole de Lourmarin

 

J’aime la langue française (peut-on seulement dire “la” ?) ; car elle est notre bien commun. Un bien commun n’appartient à personne tout en étant à la disposition de toutes et tous.

J’aime la langue française car

  • En tant que langue latine, elle est mélodieuse et mesurée.
  • En tant que langue éminemment littéraire, elle permet d’infinies subtilités
  • En tant que langue philosophique, elle aime les nuances.
  • En tant que langue populaire, elle est pleine de bon sens et d’humour.

J’aime la langue française car dès qu’on veut la définir, elle s’échappe... et c’est tant mieux !
Victor HUGO ne disait-il pas « La langue française n’est point fixée, et elle ne se fixera pas » ?

En ce sens, cette année à Lourmarin, nous ne célébrerons pas un patrimoine universel inamovible. N’oublions pas que cette langue est le fruit de siècles d’usages, d’influences, d’inventions... Elle est donc certes un héritage, mais d’évidence, elle est un chantier plus que jamais ouvert.

J’aima la langue française car elle fait liens communs.

Comment ne pas évoquer la francophonie du dedans et du dehors de l’hexagone, à l’heure où plus de 320 millions de locuteurs dans le monde font langue commune.

C’est pourquoi pendant nos «francophonies oratoires» de Lourmarin, nous veillerons à ce que les voix des cultures les plus diverses se fassent entendre. Nous mettrons en place des dispositifs d’écoute, de rencontres, de débats et de collaboration.

Nous chercherons ensemble ce qui se joue dans nos visions du monde, à travers l’irruption nécessaire de nouveaux mots, de nouvelles façons de parler.
Nous n’opposerons pas la langue académique à ces nouvelles langues françaises. Nous les ferons se rencontrer, s’écouter, et faire liens.
Voilà notre ambition.

Nous plaçons cette 6e édition du Festival dans la ligne directe de ce qu’exprimait l’un des pères fondateurs de la francophonie Léopold Sedar SENGHOR (1906-2001) « La Francophonie, c’est cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre ».